Mon témoignage

Je m’appelle Déborah, j’ai 36 ans. Depuis l’âge de 11 ans (l’âge de mes menstruations), j’ai des douleurs horribles, qui m’empêchent d’aller à l’école et de marcher. Je grandis avec ces douleurs en prenant des cachets (antadys). Mon médecin me dit que c’est normal d’avoir mal pendant les règles. Que cela arrive à de nombreuses femmes. Plus je grandis et plus je maigris. J’arrive à un stade où l’on m’annonce que je suis anémiée car pendant mes règles c’est les chutes du Niagara. Mais malgré cela, aucun examen,ni aucune question plus poussés afin de comprendre ce qu’il m’arrive. Du fer (tardyferon) ainsi que des antalgiques pour vivre le plus normalement possible. À l’âge de 19 ans, on me propose la pilule contraceptive et là, je revis, des règles plus « gérables » en terme de flux mais toujours des douleurs violentes. À 27 ans, après un malaise vagal et des coups de poignards dans mon bas-ventre, je décide de pousser une gueulante auprès de mon gynécologue désarmé face à l’incompréhension de mon cas. Il décèle des fibromes, mais me dit clairement :  » vous en avez quelques uns mais ne les touchez pas, en revanche essayez de faire un bébé rapidement ». Étant célibataire et pas du tout prête à enfanter, je lui répondis : « ça va être très compliqué car je ne suis pas prêtre pour cela ».
Par esprit de conscience, il décide de me prescrire une IRM. Le résultat est violent: « vous avez une endométriose dans votre utérus ainsi que digestive. » « Une sorte de cancer dont on ne meurt pas mais qui se propage comme les cellules cancéreuses » « des adhérences ainsi que des nodules qui fragilisent vos organes et les empêchent de fonctionner » « une chirurgie sera nécessaire afin de couper la partie des organes lésés » « Une stomie car les lésions digestives sont trop répandues ».
Je suis Déborah, hôtesse de l’air, avec une licence d’aptitude médicale qui m’oblige a avoir une santé de fer afin d’exercer mon métier. J’essaie de négocier en lui demandant des alternatives…il me propose un « traitement hormonal » qui consiste à mettre les ovaires en mode « game ovaire ».
Pendant 2 ans (avec contrôle) je prends du lutéran qui soulage mon endométriose, car je n’ai plus de règles. Mais c’est alors que les effets secondaires deviennent ingérables et me chamboulent émotionnellement au point de faire un burn-out. Je retourne voir mon médecin et lui demande de me faire opérer. L’opération se fait par coelioscopie mais la lésion au colon, on n’y touche pas car la stomie me terrorise. Je tombe enceinte 6 mois miraculeusement 6 mois après l’intervention. Au bout de 4 mois les fibromes qu’on m’avait demandé de laisser ont quadruplé sous l’effet des hormones. Je commence a avoir des douleurs violentes qui ressemblent a des contractions. Je me rends à l’hôpital à côté de chez moi et je tombe sur un médecin qui me dit que « tout va bien »…je rentre chez moi, désespérée en larmes car j’ai mal , je souffre et je suis perdue. Quelques semaines après je me lève un matin après avoir souffert pendant plusieurs mois avec des douleurs incompréhensibles….ma poche des eaux se rompt et je commence à saigner abondamment. Je comprends que l’aventure va s’arrêter là pour moi. Je me rends aux urgences en étant en état de choc. Le médecin me dit que le bébé ne sera plus viable car je n’ai plus de liquide et qu’il va mourrir….il décide de déclencher l’accouchement sous péridurale. J’hurle, je pleure, je suis traumatisée et me sens violentée car l’aiguille de la péridurale est mal insérée et donc je sens des douleurs physiques. Je finis par accoucher de ma fille morte que je refuse de regarder, puis la spirale infernale continue. Je contracte une infection suite à un curetage, je perds toute force, toute estime, et tout désir de me battre. Je me retrouve à l’hôpital traumatisée et apeurée car tout arrive en même temps, le décès, la maladie, la souffrance, la peur, le choc …
Plus tard je comprends que les fibromes ont percé la poche des eaux à cause de leur grosseur et qu’un germe également était décelé lors du prélèvement du placenta.
Aujourd’hui, je partage mon histoire car je sais que tu vis un combat, certainement pire que le mien ou peut-être différent. Peu importe, tu es une femme et tu as de la valeur, ton combat peut te pousser à fuir la vie, à rejeter ta vie et à te dévaloriser. Mais saches que ce que tu vis, est temporaire. Il y a certaines épreuves qui peuvent nous tuer mais aujourd’hui si tu es là et que tu me lis c’est que tu vis encore et que ton histoire n’est pas terminée.
J’ouvre mon coeur, j’ouvre mon âme afin que tu puisses t’accrocher à une vérité « tu n’es pas seule » saches que nous sommes nombreuses à lutter contre les épreuves, la maladie et la souffrance. Je souhaite t’encourager, à te relever et à t’aider à retrouver ta dignité ! Je souhaite que tu deviennes une guerrière et que tu puisses t’exprimer librement sur cette page car oui, on ne doit pas rester seule et isolée lorsque l’on souffre. Alors sois la bienvenue dans ma freedomattitude !
Celle de vivre avec liberté malgré la maladie, celle d’encourager les femmes, à les aider, et à les relever !
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