Témoignage de Mélissa

Tout a commencé lorsque j’ai arrêté la pilule contraceptive qui a aggravé mon syndrome déjà présent. A 20 ans, j’ai été diagnostiqué avec une dystrophie ovarienne autrement dit le syndrome des ovaires poly-kystiques. Les follicules ne se transforment pas en ovule et s’accumulent dans les ovaires. Il n’y a alors pas d’ovulation parfois pendant plusieurs mois dans mon cas.  Cela a été un choc que l’on me dise « Vous aurez de la difficulté à avoir des enfants, mais ne vous inquiétez pas la seule solution pour l’instant est la pilule et puis vous êtes encore très jeune encore ».  C’est comme si je n’avais pas le droit d’être une femme. Pas le droit d’ovuler (ou du moins rarement) et peu de possibilité de grossesse alors que le désir d’enfant a toujours été là même en étant « très jeune ». Il était donc hors de question de bloquer volontairement l’ovulation avec une pilule alors qu’elle ne faisait déjà pas naturellement.

Par la suite, les symptômes se sont tous révélé un à un et de plus en plus intensément: Acné kystique sévère et inflammatoire, fatigue chronique, douleurs aux ovaires, sautes d’humeur , résistance à l’insuline ainsi que LE symptôme qui a vraiment été une descente aux enfers, la dépression. Il s’en est suivi un combat avec mon mental et un isolement total. Je me trouvais tellement défiguré par l’acné que je n’avais plus AUCUNE estime de moi-même. Dans la période la plus sombre, je restais seule enfermée à chercher et rechercher des solutions. J’évitais absolument tout contact (sauf avec mon compagnon qui a juste été merveilleux avec moi pendant cette période) et je pouvais sortir de chez moi qu’une fois par semaine pour aller faire les courses et encore.. Je sais qu’il y a des choses plus graves dans la vie mais notamment avec les autres symptômes, je me sentais perdue. Je n’étais plus une femme, je n’étais plus moi-même.

Si seulement je pouvais le cacher, mais c’était là sur mon visage. Même avec 3 tonnes de fond de teint on voyait des « bosses » partout sur mon visage .

J’ai fini par être obligée de vivre quand même un minimum, mais toujours cachée le plus possible. J’ai repris des études de naturopathie  et j’ai finis par trouver un super CDI dans un magasin bio. J’ai réussi à avoir à nouveau un cycle régulier grâce à la naturopathie et l’homéopathie Hallelujah! Par contre, les douleurs de règles me clouaient au lit pendant plusieurs jours ce qui était vraiment très compliqué avec mon travail. J’ai finis par quitter mon CDI. J’avais tout un tas de raisons que je m’étais trouvée. En fait, mon syndrome était devenu trop lourd et je ne supportais plus les questionnements des clients à propos de ma peau ( quand je vous dit que l’acné était sévère, c’était le cas et ça l’est encore aujourd’hui). Bref, j’ai eu une prise de conscience après avoir quitté mon emploi. Je me suis dit; «  Melissa, tu ne peux plus continuer comme ça, tu as le droit d’avoir une vie et tu ne peux pas passer ta vie à te cacher ».

Ce syndrome ma permis aujourd’hui de me reconnecter avec mon énergie féminine sacré et à réaliser que j’ai le droit d’être heureuse si je le décide. J’essaie de me construire une vie qui me correspond. Je me suis mariée avec mon 1er amour qui m’a accompagné durant tout ce parcours, j’essaie de me construire une situation pro qui me permet de gérer les différentes phases de mon cycle menstruel et je me concentre aussi sur ma guérison. Mon combat reste toujours le même réduire les symptômes et réussir à avoir un enfant, mais je suis totalement dans un autre état d’esprit. La dépression et l’acné sont toujours là, mais je sais que ça ne définit plus qui je suis. Je suis reconnaissante car grâce à cela je me suis reconstruite et j’ai appris énormément de choses sur le cycle féminin et sur les différentes manières de vivre sa féminité. Je n’ai peut-être pas encore la chance d’avoir un enfant, mais j’ai fait naître plusieurs projets. Nous avons une force incroyable et une énergie créatrice en chacune d’entre nous. Retrouvons les anciens enseignements transmis de mère en fille afin de mieux comprendre notre chaudron magique qu’est notre utérus. Lorsque l’on passe par de la dépression la volonté seule ne suffit pas, une prise de conscience et un déclic est nécessaire. Parfois, nous avons besoin de toucher le fond pour apprendre à déployer ses ailes.