Témoignage de Virginie

 

 

Les symptômes ont commencé très tôt 11 ans, je suis non réglée, j’ai été hospitalisé en urgence pour un follicule qui a éclaté sur l’ovaire…s’en sont suivies des années sous pilule de confort avec des règles hémorragiques très douloureuses, des vomissements et malaises, je manque l’école, je suis couchée. A l’époque le gynécoloque me dit que cela est normal… je lui fais confiance.

Nombreux antalgiques, et bouillote (ma meilleure amie), sont là pour apaiser sensiblement ces douleurs, mais pas la solitude qui est ma deuxième meilleure amie.

 

Bien des années après, avec une nouvelle gynécologue, rien de nouveau à part des ovaires polykystiques que le premier gynécologue avait décelé, je souffre depuis des années … je fais avec. Je travaille et on a du mal à comprendre que certains jours, je doit rester chez moi à cause de simples règles ; je culpabilise me demandant ce qui cloche chez moi.

Les rapports intimes sont douloureux cela se ressent sur ma vie personnelle, je culpabilise tellement … je me sens nulle ! la solitude prend de plus en plus de place, je me sens incomprise et je n’en parle plus…qu’est-ce qui cloche chez moi…

 

En 2014, le diagnostic tombe, endométriose stade 4 sevère profonde, je suis opérée une première fois mais on me signale que cela dépasse leur compétence, ma gynécologue me mets sous decapeptyl pendant 9 mois et là l’horreur, elle ne me prévient pas des effets indésirables, c’est la descente aux enfers, je me retrouve en clinique neuropsychiatrique, la première question que l’on me pose est « quand prenez-vous soin de vous ? » et là le travail sur moi commence…à ma sortie, je décide enfin de me prendre en main, je demande un second avis gynécologique à 45 km de chez moi, une batterie d’examens plus tard et ma première écho endovaginale (et oui !) confirme bien le diagnostic mais elle a atteint également la vessie, le sygmoïde et tous les organes féminins. il n’y a plus grand-chose à sauver…

 

Juillet 2015, une laparotomie a lieu avec l’ablation de l’utérus, des ovaires, des trompes, un bout de vessie et le sygmoïde. les mois qui suivent l’opération, je ne peux m’empêcher de toucher mon ventre qui ne m’appartient plus, la féminité n’est plus, je pleure ce vide qui est en moi.

 

Avril 2016, j’ai repris le travail depuis quelques mois, j’ai des projets en cours…et lors d’un contrôle de routine, le couperet tombe : ELLE est revenue, je ne l’accepte pas ! non je ne l’accepte pas !  Hospitalisation en urgence, elle a attaqué l’uretère et la vessie encore…

 

6 opérations plus tard dont une deuxième laparotomie, me voilà debout, non pas sans difficulté, j’ai repris le travail malgré une mise en invalidité, chaque jour n’est pas simple mais j’avance petit à petit, grâce à cette maladie, je sais ce qui est bon pour mon corps et mon esprit, je priorise, j’ai ralenti ma cadence au travail. je porte tout mon amour aux enfants qui m’entourent et aux êtres chers qui ont été et qui sont présents aujourd’hui.

 

Je remercie Déborah de m’avoir tendu la main, afin de m’exprimer sur cette maladie.